LUI DANS LA NUIT - Le décalogue terrifiant 1 Sept. 2016

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LUI DANS LA NUIT

Je ne suis pas superstitieux ni aisément impressionnable mais l’anecdote que je vais vous raconter et qui fait qu’à présent j’ai tant de mal à m’endormir le soir, risque fort de vous impressionner.

Un soir, je me suis couché avec le sentiment étrange d’être observé. Dans l’instant, je n’ai pas donné d’importance à cette sensation mais à mon réveil, je n’étais plus trop certain de ce qui était vrai ou pas. Par la suite, j’appris que de nombreuses personnes avaient vécu cette expérience, en de nombreux points, similaire à la mienne.

Cette nuit là donc, je me suis endormi assez fatigué de ma journée. Je sombrais dans un sommeil profond et commençais à vivre un songe d’une intensité telle qu’aujourd’hui encore j’ai bien du mal à faire la part des choses entre cauchemar et réalité. Je me voyais marcher sur la route qui mène à ma demeure mais le paysage alentour restait difficile à discerner.

Soudain, à une intersection, j’ai senti une présence à mes côtés. C’était un homme qui me paraissait familier. Je connaissais cet homme, c’est certain, mais j’étais incapable de mettre un nom sur son visage. Son visage était d’une pâleur transparente. Ses yeux étaient d’un bleu profond. Il portait un simple complet veston de couloir sombre.

- Je suis heureux de vous avoir trouvé, fit l’homme à la voix si familière.

- Que faites-vous ici ? lui demandais-je.

- Je suis venu vous avertir. Il y a un inconnu en ce moment dans votre maison.

- Je ne crois pas, fis-je avec assurance. J’en viens à peine et il n’y avait personne.

 me suis mal fait comprendre, reprit-il avec un certain trouble dans la voix. L’individu dont je vous parle est vraiment là, mais, sur le moment, vous n’avez pas eu conscience. Ne vous êtes vous pas senti observé juste avant de vous coucher ? 

- Ma foi, oui, mais j’ai mis ça sur le compte de la journée plutôt stressante que j’ai passé.

- Vous avez tort. Il est vraiment là dans votre chambre, reprit l’homme avec une urgence insistante.

Je n’avais aucune idée de ce dont il me parlait mais je commençais à être la proie d’une certaine angoisse. Autour de moi, le paysage qui bordait la route commençait à s’assombrir. Je remarquais que ce changement progressif de luminosité dérangeait mon interlocuteur.

- Et qui est donc cet homme ? demandais-je.

- Un être maléfique, tout droit sorti des ténèbres et dont le but et d’entrer en possession de votre corps. On l’aperçoit lorsque nous sommes à moitié endormi. Nous prenons toujours sa présence pour un rêve éveillé, mais lui, dans la nuit, vous observe et attend le moment propice pour vous dévorer, vous posséder.

- C’est de cette façon qu’il se fait remarquer ?

- C’est ça. Et aussi lorsque vous sentez comme un froid dans le dos, des picotements dans votre nuque ou comme un souffle. C’est lui qui se tient juste derrière vous, déclara-t-il de plus en plus préoccupé.

- Et comment puis-je le chasser ?

- Vous ne pouvez pas. Il est trop tard. Vous êtes déjà son hôte. La seule chose que vous devez faire est de ne pas le regarder, de ne pas lui parler. Ignorez-le, le plus que vous pouvez. Cela l’écartera un certain temps mais il reviendra et vous ferez de même.

Puis l’homme reprit sa route sans en dire plus. Je voulus le rappeler mais il disparut. C’est à ce moment que je fus réveillé par un grand bruit dans ma chambre. Le téléphone sonnait à mes côtés. Me rappelant les avertissements de l’homme dans le rêve, je ne bougeais plus et laissais la sonnerie s’arrêter. C’est à ce moment précis que j’ai ressenti sa présence. Exactement comme l’homme du rêve me l’avait décrit. Un souffle glacial sur mon visage. Il faisait froid dans la chambre. La sensation d’être observé était plus grande encore qu’auparavant. Quelqu’un bougeait autour de moi. Lui, dans la nuit, arpentait le plancher de ma chambre. Je restais là, immobile, gardant mes paupières closes et les draps de mon lit serrés entre mes doigts. Au bout d’un temps parut interminable, J’entendis nettement le bruit de ses pas s’éloigner. Au fur et à mesure, la température de la pièce reprit un peu de tiédeur avant que le silence ne reprenne ses droits sur mon sommeil. Le lendemain, il n’y avait aucun indice de la visite de quelqu’un sans ma chambre. Mais lorsque je descendis au rez-de-chaussée quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que la porte d’entrée de la maison était grande ouverte. Pourtant, la veille au soir, j’avais pris le soin de vérifier le verrou et, je m’en souviens très bien, de replier les chaises et la table de jardin qui meublaient la terrasse. Là, la table était revenue à sa place et devant elle une seule chaise était dépliée au pied de laquelle deux traces de pas humides finissaient de sécher dans la chaleur montante du soleil matinal.

J’espère que vous tâcherez de vous souvenir de mon histoire. Tâchez aussi de vous souvenir des conseils de l’homme de mon rêve. Si vous sentez un souffle glacial sur votre nuque ou la présence d’un inconnu dans votre chambre, ne le regardez pas, ne lui parlez pas, car soyez en sûr, lui, dans la nuit, sera bien là et vous attendra.

 

CHANT DE LA PRESENCE NOCTURNE

Il n’est qu’ombre diffuse dans l’obscurité

Mais son pas fait grincer les lattes du plancher.

Profitant du moment où le sommeil nous prend

Il apparaît soudain, à nos songes se pend.

Nous sommes alors pris d’un froid presque irréel

Prisonnier d’une angoisse où nous louons le ciel

Que cesse cette étreinte et que vienne le jour.

Lui, poursuit ses desseins. Il rôdera toujours.

Nous aurons beau tenter de feindre le mépris,

Il ne disparait pas car, de nous, il se rit.

Nous sommes impuissants à tenter d’oublier,

Sans espoir, qu’il est bien venu nous posséder.

Il est des âmes dont la noirceur infernale

Est impossible à fuir tant est sournois leur mal.

Et nous pourrions en vain, mille fois les chasser,

Qu’à chaque nuit, elles reviendraient nous hanter.

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